Remarques sur l'analyse de l'Oncfs 

  1.  Pour éviter les interprétations , l'estimation des prélèvements 2013/2014 aurait du être réalisé avec les deux méthodologie, l'ancienne et la nouvelle, dont on ignore les composants  !

    2. Il est anormal , pour une espèces annoncée par les instances cynégétiques comme le plus suivie, surveillée et protégée qu'il n'y ait pas eu d'enquête sur l'estimation des prélèvements au minimum tous les cinq ans .

    3 . L'appréciation du Cnb jugeant la saison 2013/2014 Très bonne ( ica 1.73) 736.129 bécasses prélevés, sous entend des prélèvements plus élevés que ceux de la saison 1998/1999, qualifiée d'Assez bonne ( ica 1.28) 1.168.000 bécasses prélevées.

Cette constatation ne peut qu'amplifier la baisse réelle des prélèvements en quinze ans . 

   4 . La possibilité selon laquelle l'estimation des prélèvements 1998/1999 , aurait été presque faite " au doigt mouillé " comme le suggère un ami chasseur de Bécasses , ne peut être retenue. Elle remettrait en cause le sérieux du travail du réseau de l'Oncfs , surtout pour la saison longtemps considérée comme la référence pour le niveau des prélèvements bécasses en France ( intervalle de confiance 2.3 % ) .

  5 . Le carnet de prélèvement national , depuis 5 ans , malgré son coût élevé 1.7 Million d'euros , ne permet  toujours pas de connaître l'estimation des prélèvements ! C'était pourtant son objectif , c'est simplement scandaleux !

De ce fait son résultat n'a pu être comparé à l'estimation 2013/2014 . 

  6 . Le PMA à 30 oiseaux par saison ne peut avoir qu'un effet très limité sur le niveau des prélèvements.Un PMA journalier est beaucoup plus efficace , par exemple lors de grandes vagues de froids . Aujourd'hui en France  1 % des chasseurs de bécasses aurait le potentiel d'en prélever plus de 30 . Ce n'est pas grâce lui que l'on va justifier une baisse de 430.000 bécasses . En supposant que les 1 % ont le potentiel d'en prélever 40 chacun , 30.000 bécasses seraient épargnées. 

  7 . S'il y a bien eu une baisse des permis de chasser en France en quinze ans , le nombre des chasseurs de bécasses est resté au moins stable (300.000). En revanche les heures passées par les chasseurs dans les bois ont augmenté, confirmant le niveau exagéré de la pression de chasse sur la bécasse . La baisse du nombre de permis ne peut donc pas justifier la baisse des prélèvements .

  8 . Les indicateurs utilisés par les spécialistes pour justifier de la bonne santé de l'espèce et de la stabilité des  effectifs ( ICA , indice cynégétique d'abondance à la chasse et l'IAN, indice cynégétique au baguage , ne peuvent permettre que d'avoir une idée sur le niveau de fréquentation en France chaque saison : en aucun cas de connaitre l'état dans lequel se trouve le cheptel bécasse Européen .

Conclusion 

Cette étude apporte une réponse claire aux interrogations de nombreux chasseurs de bécasses . Elle renforce ma conviction acquise depuis bientôt dix ans , grâce à mes recherches et observation sur cette espèce .

Le cheptel bécasse Européen est sur une tendance à la baisse depuis le début des années quatre vingts dix . Cette tendance s'accélère sur la dernière décennie au point d'en devenir inquiétante .

Les chiffres de l'Oncfs indiquant cette baisse semble être invisible  , sans que personne ne donne l'impression de s'en émouvoir et de vouloir en connaître la cause .

Le monde politique cynégétique serait bien inspiré de tenir compte de ce nombre de bécasses perdues de vue en tout juste quinze ans .

Dans ces conditions , aujourd'hui , nous ne pouvons plus entendre et lire que l'espèce est en bonne santé, avec des effectifs stables . La plus grande prudence s'impose , hors ces affirmations encore reprisent en boucle dans des réunions, par toutes les revues cynégétiques et par beaucoup trop de chasseurs , portent un tort considérable à l'espèce et à sa chasse .

Il est urgent de sortir de la pensée unique , dans le but d'informer les acteurs de la chasse sur la réalité de la situation de la bécasse des bois .