Les Survivantes !

Pour une gestion efficace des espèces chassables, il est indispensable de connaître les effectifs survivants à la fin des prélèvements.

 

Pour le gibier sédentaire, cette estimation est réalisée par les Fédérations départementales, par les sociétés de chasse et les chasseurs.

En fonction des résultats obtenus elle leur permet d'agir !

Réduction des prélèvements, limitation des jours de chasse, création de réserves, lâchers de reproducteurs, volières, agrainages, régulation des prédateurs, etc...

 

Pour la Bécasse des Bois espèce migratrice, le résultat des études réalisées grâce aux Bécasses baguées, montrent que la grande majorité des effectifs se posant en France y reste hiverner d'Octobre à Mars.( soit 5 mois ) ! C'est la confirmation, que notre pays fait partie des tout premiers pour l'hivernage de l'espèce.

Pas surprenant ; grâce à sa position géographique privilégiée sur les axes migratoires, son climat, sa superficie forestière ( 170.000 kms2, 28% du territoire).

 

Sans vouloir traiter la Bécasse comme une espèce sédentaire, il est aujourd'hui indispensable d'avoir une bonne estimation de l'effectif survivant avant son départ en migration prénuptiale, pour pouvoir en fonction des résultats, adapter nos prélèvements les saison suivantes.

 

C'est la seule solution que nous ayons pour agir.

 

D'autant plus que nous savons grâce aux Bécargos*, que plus de 90% des Bécasses adultes ou devenues adultes, reviennent sur leurs mêmes sites d'hivernage les saisons suivantes.

 

Or malgré mes recherches, je n'ai pas trouvé trace d'une telle démarche réalisée par l'un des acteurs de la sphère cynégétique Bécasse .Surprenant !

 

 

 

Il n'aura en effet échappé à personne, même si certaines analyses oublient ce paramètre, que l'importance de l'effectif migrateur des saisons suivantes dépend : Avant tout du nombre de Reproducteurs, ensuite de la qualité de la reproduction.

L'effectif Reproducteur d'une espèce ayant une tendance à la baisse, entraîne à plus ou moins long terme son déclin.

 

Mes études prennent en compte non seulement tous les indicateurs connus, mais également l'expertise du bois, de première importance avant les statistiques et les tableaux, primordiale pour juger l'état du cheptel reproducteur Européen Bécasse des Bois .

Quand on s'immerge dans son monde, comme je le fais depuis de nombreuses années, dans l'unique but de la protéger pour continuer de la chasser avec nos chiens, on s'aperçoit de ces lacunes.

 

Depuis quatre ans ,sur nos territoires de chasse respectifs ,avec quelques chasseurs de Bécasses concernés,nous comptons le nombre d'oiseaux survivants au moment de la fermeture de la chasse.

Ce comptage permet avec une bonne précision, d'évaluer en nombre le cheptel reproducteur potentiel de la saison à venir .

 

Pas encore assez de recul, mais les premières constatations n'incitent pas à l'optimisme. Tendance à la baisse en particulier en ce printemps 2018.

 

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons pas faire l'économie d'un indicateur qui de visu, peut nous permettre d’évaluer avec une bonne précision la tendance de l'état réel du cheptel Reproducteur Européen.

Les décideurs cynégétiques doivent mettre en place(vite) cet indicateur. J'ai un protocole à leur disposition.

 

La chasse est entrée dans une ère nouvelle. Certains le regrettent d'autres pas ; mais c'est un fait. Aujourd'hui les prélèvements de la bécasse des bois ne sont plus qu'un objectif secondaire car...

La Bécasse n'est pas mise en danger par ceux qui la prélèvent sans modération, mais par ceux qui les regardent agir sans rien faire.

 

octobre 2018

                                                                                                                                                  Philippe Vignac

* Bécargos : Bécasses équipées de balises Argos.