L'avenir de la chasse.

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Il n'y a aucune contradiction, entre l'appropriation raisonnable des fruits de la nature et le respect de la vie animale.

Pratiquée dans cet esprit, la chasse est un loisir sportif sain et passionnant. Il est basé sur l'observation, la connaissance de toutes les espèces, à condition que la pression de chasse et les prélèvements qui vont avec, soient compatibles avec l'état de conservation des espèces gibier.

Cela dépend du comportement des chasseurs et de leurs représentants.

 

Pour ces raisons nous défendons la chasse, y compris le maintien des chasses traditionnelles, comme celle de l'alouette des champs au moyen de pantes, à condition, lorsque l'état de conservation de l'espèce concernée est préoccupant, que les prélèvements soient anecdotiques voire interdits et les contrôles efficaces.

Faute d'avoir su anticiper la baisse des effectifs Alouette, pourtant évidente pour ceux qui voulaient voir et savoir, les chasseurs de cet oiseau se sont trouvés privés de leur tradition passion.

Forts de cet exemple, nous cherchons à connaître depuis bientôt quinze ans, la réalité sur l'état de conservation de la Bécasse des bois Européenne. D'abord pour l'oiseau et afin que pareille catastrophe ne tombe pas un jour sur la tête de ceux qui la chassent.

En effet, nous n'arrivons toujours pas à comprendre, comment une partie des spécialistes de cette espèce qui détient tous les pouvoirs décisionnels, peut continuer d'affirmer qu'elle est en bonne santé avec des effectifs stables, alors qu'en même temps, une majorité de chasseurs et de chercheurs dont nous faisons partie, enregistre depuis des décennies une baisse régulière de la fréquentation.

D'autant plus que nous avons été obligés de constater, que la majeure partie des affirmations de ces spécialistes reposait sur du sable. Que la Bécasse n'était pas aussi bien connue, suivie, gérée que l'on veut bien nous le vendre. Jugeons en.

Personne ne connaît les effectifs de la population Bécasse des bois Européenne.

Personne ne connaît la réalité sur le niveau des prélèvements Européens.

Hormis de rares chercheurs, personne n'essaye de savoir qu'elle a été la qualité de la reproduction chaque saison. Pour l'estimer, le monde de la Bécasse se contente des valeurs des âges/ratio chasse et baguage, seulement connues après la fermeture de la chasse, quand la messe est dite ! Résultat, des indicateurs inexploitables, pour prendre en amont quand c'est nécessaire, les mesures de préservation qui s'imposent.

Nous avons aussi remarqué, que les récoltes des données permettant de calculer les indices d'abondance, ICA (Indice Cynégétique d'Abondance obtenu à la chasse), IAN (Indice d'Abondance Nocturne obtenu au baguage), reposaient uniquement sur la crédibilité des observations des chasseurs et des bagueurs.

 

Qu'aucun protocole précis n'est respecté ; qu'il soit géographique, saisonnier, tenant compte du poids de la fréquentation dans chaque département, du comportement des chasseurs et des bagueurs qui n'a cessé de changer et d'évoluer ces dernières années.

Ajoutons le manque de contrôles sur la fiabilité des renseignements récoltés.

Il est donc simplement admis que l'espèce est polygame, qu'elle fait en majorité une couvée de 4 œufs et une de remplacement si échec de la première. Que le sexe/ratio en migration automnale/hivernage reste stable (39-40% de mâles). Que l'espèce est fragile, son espérance de vie faible surtout celle des jeunes de l'année.

 

Avec aussi peu de connaissances fondamentales, des valeurs d'indicateurs très discutables, comment des spécialistes de l'espèce peuvent ils continuer d'affirmer que les effectifs Européens Bécasse des bois sont stables ?

Nous après 55 ans de chasse, de notes, 15 ans de recherches et d'études, avec tous les éléments en notre possession, encore quelques doutes, nous considérons comme hautement probable le déclin lent et inexorable de l'effectif Européen de la Bécasse des bois.

Nous avons essayé et essayons encore d'alerter, de débattre avec le monde cynégétique, avec celui des décideurs. Force est de constater que ce n'est pas possible.

Ce monde reste campé sur ses positions et ne veut rien changer.

Devant ce constat, nous avons repensé à ce qui est arrivé à l'alouette des champs et par répercussions aux chasseurs de cet oiseau. Ils n'ont pas su anticiper, ils ont pratiqué la politique de l'autruche. Boum !! Le couperet est tombé (1).

Forcément nous avons fait le parallèle avec la Bécasse des bois. Nous voyons bien que le risque est le même pour ceux qui la chassent avec leurs compagnons les chiens.

Mais comme les « sachants » nous traitent d'alarmistes, de pseudos scientifiques, de pseudos chercheurs etc ... les chasseurs de Bécasse ne risquent pas que pareil coup dur puisse un jour leur tomber sur la tête et leur donner «  la gueule du bois » !

Enfin peut-être. L'avenir nous le dira...

 

(1) Pour la saison 2021/2022, la chasse à l'alouette des champs au moyen de pantes et matoles, a été interdite dans les départements du Sud-Ouest où c'est une Tradition Passion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe Vignac. Franck Ricaud. Juin 2022

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Aujourd'hui pour la gestion de la Bécasse des bois une seule politique, celle de l'autruche !

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Photo Julien Daubignard

Photo Franck Ricaud