Le Salut de Minor !

On ne présente plus Michel Gélinas ; il est une figure incontournable de la Bécasse Scolopax Minor au Québec.

Depuis plus de 35 ans, il bague d'Avril à Juin surtout des poussins, mais aussi quelques femelles nicheuses ; après avoir trouvé les nids grâce au concours de ses remarquables Braques Français, spécialement éduqués pour cette activité.

Michel chasse la Bécasse de mi Septembre au début Novembre, début de la période de migration post nuptiale, prélevant très peu depuis de nombreuses années, préférant les vidéos, les photos et les enregistrements au dictaphone.

Ses notes et observations montrent depuis plusieurs années, une tendance à la baisse de Minor sur ses terrains de chasse.

Lors de mon récent voyage au Québec, j'ai répondu à sa sympathique invitation pour l'ouverture 2018.

Pas  « d'armes à feu » seulement nos yeux et les appareils photos. Accompagnés de sa chienne Diva âgée de dix ans, il m'a fait découvrir pour la première fois les biotopes de la Bécasse Minor ainsi que son comportement devant le chien.

J'ai trouvé de suite le biotope favorable avec une végétation au sol dense d'environ un mètre de haut, un sol encore humide et spongieux. Plusieurs essences de feuillus et résineux de hauteurs différentes ; un terrain agréable à chasser.

La Bécasse Américaine est plus « sociable » que l'Européenne. Elle piète (de plus en plus d’après Michel) mais finit par se laisser bloquer, s'envole prés du chasseur et du chien, en claquant bien au départ d'un vol rapide. Les remises sont relativement courtes dépassant rarement 100 mètres.

Il faut cependant un grand chien bécassier pour faire le spectacle. Diva la Braque Française de Michel fait partie de ceux la. J'ai pris plaisir à la voir évoluer.

Elle m'a permis d'observer 3 oiseaux. Le premier magnifique avec ses plumes orangées brillant à l'envol sous le soleil. Le second qu'elle a coulé, est venu piéter jusqu'à deux mètres de moi, un plus petit oiseau qui disparut dans un enchevêtrement de bouleaux.

Le troisième particulièrement pieteur, demanda toute l’expérience et la ténacité de la chienne pour se faire bloquer. Il jaillit en partant au contre, mais par une arabesque dont les Bécasses ont le secret, il me fonça littéralement dessus me frôlant la tête, en m' enlevant presque la casquette.

C'était le salut de Minor à un amoureux de Rusticola.

Lors de cette chaude sortie,( 28° à 11 heures), nous avons beaucoup échangé avec Michel, sur notre passion commune des deux cotés de l'Atlantique. Protection de l'oiseau, défense de sa chasse sportive avec des chiens, réduction des prélèvements.

Nous étions d'accord. Pouvait il en être autrement...

                                                                                                                        Philippe Vignac

 

Novembre 2018